Le big data au service des professionnels du chiffre – Retour sur la table ronde du Rendez-vous du chiffre

À l’occasion de la 2è édition du Rendez-vous du chiffre, notre CEO Mikael Gandon participait aux côtés de Cyril Degrilart à la table ronde du parcours innovation animée par Guillaume Proust sur une invitation du Monde du Chiffre. Ensemble, ils ont dressé un état des lieux de ce qu’est le Big Data dans le monde de l’expertise-comptable, mais aussi les enjeux pour demain. Dans cet article, nous revenons sur les 5 idées phares à retenir.

1/ “Les plus grandes valorisations au monde se développent autour de la data” – G.Proust

En 2021, la capitalisation des GAFAM s’élève à plus de 9 000 milliards de dollars. Leur matière première est principalement le nouvel or gris que constitue la data. Qu’il s’agisse d’une photo, d’un article de presse, d’une performance financière, d’une allocution etc., tout est devenu data. Comme le rappelait Guillaume Proust, il y a plusieurs trillions de données qui sont créés et traités chaque jour. Le Big Data n’est donc plus un inconnu, mais un état de fait où les entreprises, les consommateurs et, plus généralement, l’activité économique génèrent un nombre massif de données brutes que les outils d’analyse ou de gestion peinent à assimiler. L’enjeu pour les professionnels du chiffre est donc de cerner ces opportunités en matière de collecte et de traitement de données.

2/ “Les experts-comptables ont toujours été collecteurs de données pour sortir les états financiers” – C.Degrilart

Dans la chaîne de valeur de l’information financière, l’expert-comptable est traditionnellement placé au début dans la phase de collecte, de comptabilisation et de production des états financiers. À juste titre, Cyril Degrilart insiste sur le fait que les tâches de collecte de données font partie de l’ADN des professionnels du chiffre. En effet, dans le cycle de vie de l’information financière, il y a d’abord une transaction économique puis vient la comptabilisation avant la synthèse et la manipulation. Dans cette optique, la saisie comptable est assimilable à du data wrangling, c’est-à-dire ce processus qui consiste à récupérer un set de données non structuré (des factures, des contrats, des estimations …) pour les “nettoyer” et les structurer (voire une opération comptable). 

3/ “Il faut une donnée formalisée et il en faut beaucoup” M.Gandon

Pour entraîner des algorithmes qui ont vocation à exploiter la donnée, le piège est de considérer que toute la donnée disponible est exploitable et donc de penser en avoir suffisamment. L’un des enjeux clés du Big Data, c’est l’exploitation des données. Il faut pouvoir récupérer et structurer cette donnée. Or, le paradoxe de la comptabilité, c’est la disparité de pratiques d’un cabinet à l’autre pour traiter une même opération alors que le référentiel comptable promeut une forte standardisation pour éviter le recours aux “usages” et donc à la comptabilité créative. 

4/ “Excel c’était l’étape 1 avant la data viz’ et la NLG” – G.Proust

Au niveau des cabinets comptables, pour exploiter la donnée, il faudra nécessairement que les collaborateurs s’adaptent. À l’heure actuelle, les tableurs sont une commodité dans le traitement de la donnée. Cependant, dans la perspective d’une comptabilité en grande partie automatisée par des plateformes comme Chaintrust, les cabinets se dégagent du temps pour traiter en masse et surtout en temps réel de la donnée financière. C’est alors que des outils de data visualisation tels que Tableau ou PowerBI apparaissent comme le “must-have” du collaborateur du 21è siècle. À noter également que ces outils offrent des possibilités de traitements plus larges pour proposer de l’analyse sectorielle ou des “story”, c’est-à-dire des retours sur 3-5ans d’activité pour mieux prévoir le futur comme le suggère C.Degrilart. Pour aller encore plus loin, il est envisageable de coupler la data viz à des algorithmes de NLG capables de commenter les résultats de vos clients en temps réel ou d’analyser la presse et les bases légales pour leur proposer de la veille stratégique et du positionnement par rapport à la concurrence.

5/ « À moyen-long terme, il faudra des profils tech dans les cabinets” M.Gandon

Effectivement, les outils no-code de la suite Office offrent beaucoup de perspectives aux collaborateurs de cabinets. Néanmoins, les Experts-comptables, au même titre que les clients qu’ils accompagnent vont devoir penser à la transition numérique de leur structure et se doter de profils tech pour maîtriser leur flux de données. Dans le cabinet de 2030, il semble logique des des data engineer structurent la donnée en interne dans des serveurs physiques ou externes pour mieux l’exploiter avec des moyens plus développés, notamment des algorithmes de machine learning ou des outils de Data visualisation codés dans des langages spécifiques (Python, R, TensorFlow …).

En définitive, face à l’immensité de la donnée que génèrent les PME que les experts-comptables accompagnent, il convient de faire le tri sur comment récupérer cette donnée et quel traitement apporte le plus de valeur aux entrepreneurs. Il semble évident que des tâches récurrentes de collecte et de saisie n’ont pas de fortes valeurs ajoutées pour les dirigeants, mais elles restent néanmoins indispensables. C’est pourquoi les plateformes comme Chaintrust se positionnent en support des professionnels du chiffre afin qu’ils puissent s’émanciper de ces tâches automatisables pour se concentrer sur celles qui auront de la valeur pour leur client.