Expertise VS Conseil : Quelle place pour la comptabilité dans la chaîne de valeur de l’information financière ?

La cession d’In Extenso par le réseau Deloitte a été perçue comme le pari de devenir leader Big4 en ne mettant au cœur de sa chaîne de valeur que des prestations de conseil. Alors que les 3 autres Big conservent une part significative de leur activité dans l’expertise-comptable encore aujourd’hui, le réseau Deloitte & Taj se concentre sur l’accompagnement. En 2021, le réseau conserve sa place parmi les Big4 et pose alors la question de la chaîne de valeur de l’information financière. L’expertise est-elle un modèle viable de création de valeur ? Les Big4 sont-ils les seuls à pouvoir conjuguer expertise + conseil ?

Dans son ouvrage « L’avantage concurrentiel » de 1986, Michael Porter explique qu’un avantage concurrentiel est un écart de compétence favorable à l’entreprise qui lui permet d’avoir une meilleure position sur son marché. Afin de déterminer les facteurs clés de succès de son organisation, il a également mis en place une matrice d’autodiagnostic qui permet à chaque entreprise d’identifier les composants de son processus productif (externalisés ou non) qui génèrent de la valeur, ou au contraire qui en consomment. On parle de la chaîne de valeur de Michael Porter. Lorsqu’on analyse le cycle de vie de l’information financière, il est possible de transposer l’analyse de chaîne de valeur à celui du cycle de vie de cette information. En effet, Les différentes étapes de la chaîne de valeur de l’information financière sont :

1. La contractualisation

L’information financière nait avec le consentement de 2 parties autour d’un prix à donner à une transaction. Il peut s’agir d’un salaire, d’un achat, d’une augmentation de capital etc.

2. La comptabilisation

La phase de comptabilisation consiste à retranscrire la réalité économique de la phase de contractualisation dans un langage standard et comparable qu’est la comptabilité.

3. L’agrégation

L’agrégation consiste à regrouper l’information comptable dans des agrégats logiques et pertinents. Il s’agit de la construction des états financiers (regroupement P&L / bilan) et du calcul des soldes intermédiaires de gestion.

4. La manipulation

La manipulation est un procédé au travers duquel la donnée comptable est retravaillée à des fins différentes. Il peut s’agir de calcul de ratio de performance pour comparer des entités entre elles ou bien le croisement avec des données extra-financières. 

5. L’interprétation

L’interprétation arrive en bout de chaîne dans la mesure où l’information est la matière première de la décision. Sur la base des indicateurs mis en place en phase de manipulation (calcul de WACC, bêta du marché, rendement actuariel …) les décideurs peuvent prendre des décisions qui relanceront un cycle avec une phase de contractualisation, comptabilisation etc.

L’analyse des salaires entre un collaborateur comptable et un expert M&A en cabinet de conseil permet d’identifier où se trouve la valeur qu’aujourd’hui le marché attribue aux différentes étapes de la chaîne de valeur de l’information financière. En phase de contractualisation, les dirigeants sont prêts à engager des dépenses de conseil, de benchmark ou encore d’avocats pour sécuriser et fiabiliser une transaction. Les phases 2. et 3. sont aujourd’hui peu valorisées contrairement à des services tels que le conseil ou l’optimisation (plus de l’ordre de la phase 4. de manipulation. De plus, la phase d’interprétation et de décision se valorise indirectement car il s’agit généralement de prise de décisions stratégiques dont les retombées s’analysent sur le moyen/long terme au travers de l’écart d’acquisition (goodwill).

En l’état, la phase de comptabilisation consomme tellement de ressources et donc de marge pour les cabinets qu’il leur est très difficile de proposer des solutions « end-to-end » allant de la contractualisation à la manipulation. L’automatisation comptable apparaît alors comme une promesse pour les cabinets. En effet, dès lors que les tâches répétitives et chronophages peuvent être automatisées, le gain de temps permet d’amorcer une stratégie de diversification en proposant des services liés à chacune des étapes de la chaîne de valeur. Grâce à des solutions comme Chaintrust, les collaborateurs pourront se concentrer sur ce qui génère le plus de valeur ajoutée dans la chaîne au sens de M.Porter.

Gagnez du temps en confiant votre saisie comptable à Chaintrust et mettez votre expertise à profit du conseil de vos clients.