Le Master Plan secret de Chaintrust (juste entre nous)

Le monde des métiers du chiffre subit depuis 10 une succession de mutations qui ne sont pas uniquement d’ordre technologique, mais aussi culturel, légal, et sociétal.

Ces changements modifient la structure des relations entre les cabinets d’Expertise et leurs clients, ainsi qu’avec les structures d’audit, les organismes de tutelle, les grands groupes et leurs employés.

Je m’appelle Mikaël Gandon, et j’ai fondé Chaintrust pour aider la profession à relever les défis des prochaines années.

Commençons par les faits :

  • Les experts-comptables restent au cœur des flux de communication financière de la majorité des entreprises en France (jusqu’à une certaine taille).
  • Le recours à un expert-comptable est encore un réflexe quasi systématique pour tous ceux qui désirent démarrer une activité commerciale en France.
  • La loi protège encore le statut des experts-comptables, rendant leur recours obligatoire en cas d’externalisation des activités comptables.
  • Le CA des Experts-Comptables était encore en hausse en 2018

Comment s’inquiéter dans ces conditions ? La situation n’est-elle pas idéale pour les experts-comptables français ? De quoi donc se plaindre ?

Malheureusement, vous l’avez bien compris, la situation des experts-comptables et des CAC (comme celle, par ailleurs, des autres professions libérales) empire d’année en année et rien ne semble arrêter cette marche imperturbable vers une déstructuration et un affaissement de notre profession, pourtant tant utile à la société. Les experts-comptables français sont anxieux face aux nouvelles technologies et aux lois libéralisant la profession, et semblent incapables d’enrayer la déréglementation et la concurrence accrue face aux autres acteurs du marché.

Cependant, en parlant avec de nombreux experts-comptables, j’ai remarqué d’alarmants signaux d’aveuglement chez un certain nombre d’entre vous. Il me semble en effet qu’un certain nombre d’experts-comptables n’ont pas encore tout à fait saisi la qualité et l’importance des changements qui s’opèrent dans notre profession, et qu’ils tirent donc de mauvaises conclusions quant à la stratégie à adopter.

Je vous propose donc d’exposer ici les vraies raisons qui me poussent à monter une société d’automatisation plutôt qu’un cabinet (à part le fait que j’ai raté mon oral du DEC?), et pour lesquelles je pense que seule une approche comme la nôtre peut sauver l’expertise comptable en France.

  • La transition numérique est en train de rendre obsolète les méthodes de travail actuelles de nombreux comptables. Les ordinateurs modernes peuvent traiter des milliards de données à la seconde, mais ne peuvent pas encore effectuer certaines tâches très qualitatives pour lesquelles un choix humain est nécessaire. Il faudrait donc les utiliser en conséquence : simplifier la donnée, l’ordonner, et la nettoyer pour permettre à l’ordinateur de la travailler dans de bonnes conditions. Au lieu de cela, la plupart des cabinets fonctionnent encore « à l’ancienne », avec des collaborateurs qui traitent eux-mêmes les données en tentant de rivaliser de vitesse avec les processeurs modernes. Cette approche est évidemment une erreur grave sur le long terme : il est urgent pour tous les cabinets d’investir dans la technologie et de recevoir les conseils d’experts en data plutôt que de rester sur leurs acquis.
  • Le big data et l’intelligence artificielle sont des domaines très mal connus des experts-comptables et sont vus comme des menaces : pourtant, ces technologies, neutres en elles-mêmes, portent en elles les germes du succès extraordinaire des cabinets qui les utilisent déjà : voir ces technologies comme « l’ennemi », c’est se tirer une balle dans le pied.
  • Les collaborateurs bénéficient d’une formation très technique, mais le métier de comptable nécessite aujourd’hui des compétences de plus en plus transverses en management, en conseil, en fiscalité ou en informatique.
  • La formation et l’investissement humain que nécessite le diplôme sont en décalage par rapport à la réalité. Peu d’étudiants sont aujourd’hui prêts aux sacrifices personnels et professionnels nécessaires (formation initiale, UEs nombreuses et très techniques comme l’UE 4, stages à répétitions, mémoires) pour obtenir le DEC, et ne pourront pas progresser ou devenir associés : on assistera donc à une pénurie de profils dans la profession et cette tendance ira en s’accentuant au vu des investissements demandés.
  • Le diplôme ne correspond pas aux besoins de la profession : les experts comptables sont en charge d’entrer et d’analyser des milliers de lignes de données pour les structurer, les ordonner et identifier les erreurs. Ils doivent donc effectuer le travail d’un ingénieur de données, pourtant le diplôme n’impose aucun cours de code, même pas en simple SQL.
  • Les clients restent dans une approché motivée par le prix de traitement comptable, la partie « conseil » restant complexe à facturer. Ils n’arrivent pas encore à voir l’expert-comptable comme un conseiller.
  • Les sociétés en croissance ont une très forte tendance à internaliser car les chefs d’entreprises demandent des informations qualitatives extra-comptables et analytiques, ainsi qu’une gestion du volume que les experts-comptables qui travaillent encore « à l’ancienne » ne peuvent pas satisfaire.
  • Il sera de moins en moins possible de compenser la faible rentabilité des missions de production comptable avec les missions d’audit à cause de la technicité et de la complexité croissante de ces missions. La seule création d’un dossier sur AuditSoft par exemple demande à répondre à une dizaine de questionnaires. Les ISA sont cohérentes quand elles insistent sur le fait que plus le contrôle interne de l’entreprise est efficient, plus les travaux doivent être allégés, mais la transcription de ces normes s’avère encore problématique. La rentabilité d’une mission d’audit est aujourd’hui extrêmement difficile à atteindre, sans même mentionner les revues CNCC / H3C et les coûts de formation des collaborateurs.
  • La loi pacte, en augmentant les seuils d’audit, va progressivement évincer les cabinets de taille moyenne avec une activité CAC / EC au profit des BIG et des gros cabinets entrainant une diminution du CA de ces cabinets. Par ailleurs, le Fisc bénéficie du FEC pour le guider dans ces contrôles et malgré une diminution des effectifs de Bercy, les recettes fiscales augmentent chaque année. Il y a donc peu de chances que la France revienne en arrière sur cette loi, à l’instar de l’Italie.
  • En revanche, il y a fort à parier que les investisseurs et les destinataires des comptes chercheront à avoir plus de confort et de sécurité sur les chiffres communiqués. C’est le CAC qui assumait cette fonction, défendant implicitement les investisseurs minoritaires, qui se tourneront vers des moyens annexes pour s’assurer de la sincérité des comptes (contrôle interne, contrôle de gestion, voire automatisation d’une partie de l’audit).
  • La transition numérique sera également difficile, même pour les BIG, à cause de la pénurie de talents :
    • Du fait de la forte implication que demande le métier. Cette dernière était compensée par de fortes rémunérations et une promotion quasi automatique avant les années 2000, ce qui de facto permettait d’attirer les talents. Aujourd’hui l’implication en termes de travail est la même, sans pour autant voir les augmentations de salaires.
    • Du fait de l’épanouissement au travail que demandent beaucoup de salariés.
    • Du fait enfin que l’audit exige des profils hautement qualifiés, mais que la majorité des candidats viennent faire 3 ans maximum pour avoir une ligne « BIG » ou cabinet sur leur CV, et partent donc avant d’être vraiment capables de prendre en charge la totalité des cycles d’une mission et d’avoir une vision vraiment qualitative du plan de mission et de la matrice des risques.
  • Ces évolutions auront pour conséquence une baisse drastique du niveau d’audit et du niveau de confiance dans les comptes. Cette défiance envers l’information financière amènera des situations comme outre-Manche où KPMG, Deloitte et Mazars sont impliqués dans plusieurs scandales financiers importants comme Carillion, BHS et Patisserie Valerie.
  • Cependant, malgré l’effondrement de la qualité de l’audit, les BIG bénéficient encore d’un monopole de fait sur les missions. Alors même que les autorités britanniques intentent des actions en justice envers ces cabinets, ces derniers remportent des appels d’offres publics car ce sont les seuls à avoir les compétences et les ressources humaines pour mener à bien des audits publics complexes.

Au vu de cet état des lieux, ma vision du marché est la suivante :

  • A court terme nous allons assister à une segmentation des cabinets d’expertise comptable et d’audit.
  • Nous verrons apparaître des cabinets d’expertise comptable fortement structurés et capables de proposer la saisie comptable comme un produit d’appel, voire comme un produit offert, en facturant des opérations de conseil, d’assistance administrative, et de direction financière externalisée.
  • Ces cabinets structurés adopteront des stratégies d’industrialisation des données en employant les mêmes méthodologies pour tous leurs dossiers, ce qui leur permettra d’harmoniser et d’automatiser leur production.
  • Les destinataires des comptes demanderont des chiffres de plus en plus fréquents et précis avec des contrôles exhaustifs mais surtout du conseil, c’est-à-dire des relevés d’incohérences et d’anomalies et des synthèses hiérarchisées de leurs informations financières.
  • Les cabinets vraiment structurés sauront expliquer rapidement à un/une chef d’entreprise d’où vient sa marge et pourquoi l’entreprise perd ou gagne de l’argent.
  • Nous assisterons à la fin des cabinets de tenue « standards » avec une double activité de tenue et de CAC (cette dernière demandant un investissement technique et administratif trop lourd). Les cabinets structurés tireront profit de leur effondrement en récupérant des parts de marché.

On le voit donc, les cabinets qui tentent de résister à la transition numérique seront balayés par ceux qui sauront s’y adapter. Dit autrement, vous ne pourrez pas stopper cette vague, mais vous pouvez apprendre à surfer !

Chez Chaintrust, notre ambition est de structurer, d’harmoniser et surtout de sécuriser les données comptables et financières qui sont utilisées dans les cabinets.

L’automatisation de la saisie est un enjeu des années 2000, voire 2010. Les startups qui ont tenté de le faire ont échoué pour la plupart car elles ont négligé un point important, qui est l’harmonisation des données préalable et nécessaire pour automatiser.

En effet, la raison principale pour laquelle l’IA est encore trop perfectible ne réside pas dans les algorithmes, qui sont très performants depuis plusieurs années, mais dans la qualité et la structuration des donnés initiales :

  • Une facture d’Ipad peut aller en charge externe si le comptable décide que le montant est faible, ou en immobilisation si la société décide d’appliquer la règle fiscale des 500€, voire 607 si la société revend des Ipad.
  • Un humain peut facilement comprendre dans quel cas utiliser un compte 401CB ou 401FOURNISSEUR, en lisant simplement les items d’une facture ; il saura donc différencier un achat de capsules NESPRESSO d’un achat d’ordinateur, même si les deux achats ont eu lieu chez le même fournisseur.
  • Un humain saura également que dans le dossier A les petites dépenses sont comptabilisées en FNDF mais qu’elles sont en FDIV dans le dossier B.
  • Cependant, tous ces traitement spécieux et qualitatifs sont extraordinairement difficiles pour un algorithme. C’est pourquoi il est nécessaire, pour pouvoir automatiser et sécuriser les données, de prendre le temps de l’harmoniser et de la structurer.

Le FEC est un outil incroyable qui permet d’obtenir des bases de données harmonisées. La France est le seul pays qui dispose d’un format unique et harmonisé de données comptables.

Chaintrust a été fondée après la mise en place du FEC pour permettre d’apprendre de ces données et configurer automatiquement un dossier. Cependant, nous mettons toujours en place une période d’harmonisation des comptes sur chaque dossier de nos clients, afin que le cabinet dispose d’une même méthode de travail.

Seule une approche d’accompagnement comme celle-ci permettra aux cabinets d’industrialiser leurs données et de d’être résilients au turnover de leurs employés.

Chaintrust est également le premier outil qui mélange production comptable et révisions / audit. En effet, notre manière de traiter les données nous permet d’effectuer une batterie de tests de cohérence sur chaque pièce comptable que nous traitons : par exemple, vérifier si la pièce a déjà été déposée (rejet des doublons), vérifier si la date de la pièce ne correspond à l’exercice fiscal (cutoff), vérifier l’existence et la cohérence des fournisseurs grâce au numéro SIRET par rapport à la date de la pièce (validation fournisseurs), vérification des sauts de séquencialité dans les factures de ventes…

Cette combinaison de la comptabilité et de l’audit est cohérente avec la réalité du marché et notre vision long terme : une comptabilité sécurisée et harmonisée rendra nécessairement l’audit manuel obsolète et vous offriront des outils vous permettant de sécuriser et d’harmoniser les données comptables de vos clients.

Pour résumer, notre plan d’action est le suivant :

  1. Harmoniser et industrialiser les données comptables initiales
  2. Automatiser la production
  3. Auditer les données avec des tests de cohérence
  4. Offrir des analyses sectorielles
  5. Rendre les cabinets indispensables à la vie financière des entreprises.

Chaque étape nous permettra d’atteindre la prochaine.

Mikael Gandon CEO @Chaintrust

www.chaintrust.io/

Prêts à tenter l’aventure avec nous ? il suffit de cliquer.